Ce phénomène appelé Shadow It a l’avantage d’offrir beaucoup plus de liberté, de réactivité et d’indépendance aux différentes équipes.
Le SaaS a également grandement contribué à ce mouvement de fond.
Le système d’information classique de l’entreprise a été fortement impacté par les nouvelles méthodes de travail empruntées pour certaines au monde des startups et apportées par les collaborateurs.
Cette « consumérisation de l’informatique » comme certains l’appellent, a de facto favorisé l’avènement du multicloud choisi par, ou s’imposant aujourd’hui à près de la moitié des entreprises françaises.
Malgré cela, la part des grands acteurs de l’hébergement ne cesse de croître. 20 acteurs majeurs trustent près de 46 % du marché du cloud.
En 2018, AWS, Microsoft, Alibaba, Google, IBM ont capté 77% du marché des infrastructures en tant que service (IaaS) du cloud public mondial.
Toutefois, bien qu’omniprésents, ces hébergeurs de masse ne parviennent pas à couvrir tous les besoins et ne répondent pas à toutes les demandes en fonctionnalités nouvelles.
Ils manquent également parfois de réactivité, ils ne parviennent pas toujours à adresser des services adaptés et sur mesure.
Cela oblige les entreprises à se tourner vers d’autres acteurs, plus petits, locaux ou spécialisés, pour obtenir une solution à leur besoin d’évolution de services.
De plus, la pandémie que nous vivons a révélé de nouvelles attentes et de nouveaux enjeux.
Elle va ainsi répartir ses applications, ses projets et ses données de manière hétérogène via des services différents dans des environnements distincts et parfois géographiquement éloignés.
Cette répartition ne répond d’ailleurs pas forcément à des questions de redondance.
La synchronisation entre les différents fournisseurs n’est pas forcément un enjeu dans ce cadre.
Le multicloud est parfois confondu avec le cloud hybride qui consiste généralement à mixer cloud privé et public chez un même fournisseur.
Le multicloud permet en conséquence d’ajuster au mieux les impératifs des DSI avec une réalité de terrain et une actualité prédominante.
Comme le confirme une étude Axians/DELL de juillet 2020, les priorités des DSI tournent actuellement autour du travail à distance, de la continuité de l’activité, de la sécurité et de la digitalisation des métiers, exactement les domaines pour lesquels le multicloud a tout son intérêt.
Ces besoins d’évolution rapide, de souplesse et d’agilité permettent dans ce contexte aux opérateurs alternatifs de tirer leur épingle du jeu.Par ailleurs, d’autres critères les caractérisant, comme la proximité ou la pertinence des solutions proposées, semblent offrir aux entreprises et collectivités de réelles solutions pour aborder sereinement la question du multicloud avec eux.
La transformation digitale des organisations, accélérée par les événements, pourrait-elle donc se poursuivre via la mise en oeuvre d’un multicloud, proposé pour partie par des opérateurs alternatifs ?
Et avec tout cela depuis 2 ans la RGPD est un véritable cauchemar !
Comment avoir la visibilité complète sur l’ensemble des applications qui se connectent au réseau et comment maintenir un niveau de sécurité optimal dans ces conditions ?
Comment assurer dans le contexte Covid-19 le maintient de la productivité des équipes ?
Ce scénario catastrophe ressemble au quotidien de nos directeurs informatiques.
En effet, toujours selon l’étude Axians/Dell, 47 % d’entre eux (DSI) ont déjà adopté le multicloud.
Problème de taille, seulement 9 % d’entre eux reconnaissent être totalement familier avec ces technologies.

Au delà de la compétence, la gestion peut aussi s’avérer complexe.
Entre développement agile et portabilité des applications métiers, le déploiement de conteneurs apparaît comme la solution technologique du moment la plus adaptée ou la plus prometteuse dans la perspective du multicloud. L’engouement pour les conteneurs est tel que leur nombre à l’échelle mondiale serait déjà 10 fois plus important que celui des VM.
Cependant, pour les organisations, l’orchestration des conteneurs, maillons forts du multicloud, se heurte encore une fois en interne au plafond des qualifications.
Ces difficultés ne devraient pourtant pas masquer, à la fois les enjeux du multicloud et les nombreux avantages qu’il peut offrir.

La crise sanitaire a imposé de réagir rapidement pour trouver et mettre en œuvre de nouvelles ressources.
Pour certains secteurs comme l’E-commerce santé par exemple, il a fallu répondre très rapidement aux questions de burst et de pics de charge afin de pouvoir satisfaire la demande.
Dans d’autres domaines d’activité, il a fallu augmenter les capacités de traitement sans avoir à les conserver ou les maintenir en permanence.

S’il parait aisé d’opter pour de nouveaux fournisseurs de cloud, la gestion des applications et de ces environnements multicloud et hybrides n’en est pas pour autant simplifiée. Bien au contraire.
Un accompagnement expert, du conseil, sont indispensables.
Enfin, les domaines d’intelligence artificielle, big data ou encore les approches DevOps sont venus compléter plus finement les attentes de certaines entreprises.
C’est au regard de ces nouveaux éléments que le profil de l’opérateur alternatif semble de mieux en mieux adapté.
En effet, la proximité humaine, l’étroitesse des relations, les synergies créées font de l’opérateur local un partenaire tout à fait indiqué pour comprendre au mieux les attentes de ses clients et y répondre avec pertinence.
Techniquement éprouvé par la multitude et la diversité des projets gérés, son maillage réseau lui permet de proposer une haute disponibilité et une visibilité accrue sur les données.
Enfin, son infrastructure présente en France permet aux entreprises d’être en phase avec la réglementation européenne.
Les opérateurs alternatifs seraient donc aujourd’hui en mesure de jouer un grand rôle dans ce tournant du multicloud comme en atteste leurs attributs suivants.
Ou comment mettre en place une gouvernance des différents environnements ?
A défaut d’avoir des compétences cloud au sein de leurs équipes les entreprises peuvent s’appuyer sur le savoir faire de leur partenaire local comme s’il constituait une extension de compétence interne.
Nous le savons, tous les secteurs d’activité ne trouvent pas chaussure à leur pied chez les grands opérateurs. L’entreprise va préférentiellement choisir le meilleur cloud pour elle, ou celui qui correspondra le mieux à ses processus de travail, à ses méthodes de production. Les opérateurs alternatifs multi-métiers et multi-services se drapent ainsi d’une capacité de réponse au besoin hors du commun.
Le sur-mesure vient chez eux en opposition aux offres packagées qui ne répondent pas toujours aux exigences des projets.
Par nature les petites structures sont plus aptes à répondre aux demandes urgentes, plus réactives au niveau du support technique elles sont de surcroît moins entravées par l’administratif et peuvent donc construire une offre et un contrat de service sur mesure en très peu de temps.
L’opérateur alternatif est en mesure d’apporter des solutions techniques pertinentes et personnalisées durables dans le temps. Que le besoin couvre des attentes en IA, développement, big data ou machine learning la solution proposée peut être affinée et évolutive dans le temps.
L’indépendance du réseau des opérateurs alternatifs permet d’apporter une plus haute disponibilité, les nombreux accords de transit et d’interconnexion offrent un large éventail de sécurité à ce niveau là.
L’opérateur alternatif construit son modèle de développement localement, en refusant la déshumanisation de la relation clientèle et en garantissant une proximité avec ses clients et ses partenaires. Il doit en effet être en prise directe avec son écosystème de façon responsable et ne peut se permettre un désengagement vis à vis de sa clientèle.
Dans ce contexte les données sont sous la réglementation Française et Européenne et non pas sous le régime de la loi américaine du Cloud Act (Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act) qui donne la possibilité aux forces de l’ordre ou aux agences de renseignement américaines d’obtenir des opérateurs télécoms et des fournisseurs de services de Cloud computing des informations stockées sur leurs serveurs, que ces informations soient professionnelles ou personnelles.
Ceci est non seulement valable si les données sont situées aux États-Unis mais aussi si elles sont stockées à l’étranger, donc en France, dès lors qu’il s’agit de sociétés américaines.
Les entreprises françaises ont donc tout intérêt à faire héberger localement leurs données par des partenaires régies par le droit français et opérant les données sur le sol français ou européen.
Au moment même ou les besoins en cloud explosent +26 % en moyenne en 2019 selon l’IDC, la question de l’impact du numérique d’un point de vue environnemental ne peut plus être ignorée.
Il faut pouvoir concilier la transition numérique avec les impératifs écologiques et faire preuve de pédagogie vis à vis de ces questions.
Le prestataire de cloud doit devenir un acteur de la sobriété numérique au même titre que les consommateurs, en proposant des services sur-mesure, « juste ce qu’il faut quand il faut », une infrastructure respectueuse de l’environnement, des services éco-conçus et en accompagnant ses clients vers une démarche plus vertueuse.
Une fois encore l’opérateur alternatif, si il est responsable et engagé, permettra de réduire l’impact environnemental de ses clients.
La vision verticale du système d’information n’a plus de raison d’être, un nouveau modèle doit donc prévaloir.
Les nouvelles pratiques qui s’imposent aujourd’hui ont également de nouvelles exigences, d’un point de vue accompagnement, réactivité, souplesse, sécurité, proximité, innovation, expertise, réglementaire, environnemental.
L’opérateur alternatif, proche des entreprises, en prise directe avec leurs préoccupations et leur écosystème, semble donc tout à fait taillé et adapté pour répondre avec efficacité à leurs besoins.